lundi 8 avril 2013

Indignes

Libération a titré « Indigne », en couverture, sous la photo de Jérôme Cahuzac. Le singulier est trop faible en de telles circonstances. « Ils » sont indignes. Et voilà pourquoi.
 
Indigne, Jérôme Cahuzac l’est, bien entendu. Ministre du budget, en charge de la lutte contre la fraude fiscale et détenteur du compte bancaire maintenant célèbre. Dix fois menteur et, par-dessus tout, menteur devant ses concitoyens.
 
Mais « Indignes » aussi les socialistes et, au-delà, la gauche parlementaire qui durant le quinquennat précédent n’ont eu de cesse de se poser en chantres de la morale républicaine, comme s’ils en détenaient la garde exclusive. Quelle ironie alors que s’accumulent les affaires les impliquant.
 
Indigne François Hollande qui a conquis le pouvoir non sur un projet viable, non sur une vision enthousiaste de l’avenir, mais sur la haine à l’égard de Nicolas Sarkozy associée à des promesses intenables. Promesses devenues autant de mensonges qu’il claque à la face de ses électeurs. Et voilà que nous apprenons que cet irréductible ennemi de la finance a confié la trésorerie de sa campagne présidentielle à un ami, financier de son état, et utilisateur de l’un des paradis fiscaux les plus emblématiques. Deux fois indigne, François Hollande.
 
Il paraît que la France ne peut s’autoriser une crise politique en plus de toutes les autres. Faux. C’est maintenant que nous devons toucher le fond pour mieux rebondir.
François Hollande doit démissionner, puis les Français reconstruire une nouvelle République, plus moderne et plus crédible !

mercredi 2 janvier 2013

« Ne suis Français que par hasard »

Il n’était pas possible de mieux démarrer l’année qu’en découvrant cette pensée tranchante de Montesquieu : « Si je savais une chose utile à ma nation qui fut ruineuse à une autre, je ne la proposerais pas à mon prince, parce que je suis homme avant d’être français, parce que je suis nécessairement homme et ne suis français que par hasard ».

Elle résume bien mon état d’esprit en ce début d’année 2013. A rebours des Montebourg et Saint-Aignan, je me sens citoyen du monde par le cœur, européen par conviction et français par hasard.

Espérons que l’humanisme progressera contre les dictateurs de tout poil en cette nouvelle année. Meilleurs vœux à tous !

dimanche 21 octobre 2012

Participation à la consultation engagée par l'Association des pêcheurs plaisanciers de Lancieux

Cher Président,
Chers Amis,

Je réponds ici au courrier envoyé le 28 septembre relatif à l’implantation d’un champ d’éoliennes au large de la baie de Saint-Brieuc.

En premier lieu, je tiens à souligner ma satisfaction et ma fierté d’appartenir à une association qui consulte ses membres avant de prendre position sur un sujet aussi complexe. C’est une démarche exemplaire. Bravo et merci.

Voici mes réponses aux questions posées :
1.      Oui, je souhaite que l’APPL prenne position sur ce sujet.
2.      Oui, je souhaite que sur les bases de cette position, l’APPL participe le cas échéant à des actions communes avec d’autres associations.
3.      Oui, je suis favorable au projet d’implantation d’un champ d’éoliennes au large de la Baie de Saint-Brieuc.

Pourquoi ?

La France, et au-delà l’Europe, est en guerre économique. Il s’agit d’une guerre mondiale où l’énergie occupe une place centrale dans la course au contrôle des ressources.
La « bataille de l’énergie », dans cette guerre, est une bataille au long cours. L’unité de temps est la décennie. Les techniques sont incroyablement complexes, les lobbies tellement puissants que les évolutions prennent un temps considérables. A l’heure actuelle, nous ne savons pas bien où nous allons, mais nous avons à n’en pas douter le devoir d’avancer. Que savons-nous ?

Sauf rupture technologique, c'est-à-dire découverte de nouvelles ressources ou de nouveaux modes d’exploitation, le temps des énergies fossiles est compté. Un jour, c’est mathématique, nous arriverons au bout du pétrole, du gaz et même de l’uranium.
Du point de vue de l’état des techniques, nous ne disposons d’aucune certitude. Les pères du nucléaire français étaient persuadés que les années 2000 les verraient maîtriser la fusion nucléaire. Nous en sommes encore loin aujourd’hui et rien ne dit que nous y parviendrons un jour. Il est donc impératif que nous trouvions de nouveaux moyens de produire de l’énergie.

L’éolien fait partie du faisceau de solutions identifiées dans ce but. Il est encore peu rentable, il crée des nuisances, c’est vrai. Mais il recèle un vrai potentiel. Il est donc de notre devoir, dans notre pays, de développer nos propres technologies en matière d’éolien, puis de les tester. Bien sûr, leurs concepteurs se tromperont parfois. Mais ils corrigeront et progresseront pour, qu’un jour, l’exploitation de la force du vent soit optimisée et que toute sa puissance soit convertie en énergie pour nos foyers et nos entreprises. Cela implique :
·         Des moyens,
·         De la créativité,
·         Du temps,
·         Et, surtout, que nous acceptions le changement car notre monde post-industriel est en train de mourir et nous vivons l’urgence d’en construire un nouveau.

Alors, face à ces enjeux, que représentent les quelques inconvénients auxquels nous allons être confrontés : une poignée de géants blancs sur notre ligne d’horizon ? C’est la science fiction et nos livres d’enfants qui deviennent réalité. Quelques précautions supplémentaires à prendre lorsque nous naviguerons dans leurs eaux ? Evidemment. Mais, qui sait, peut-être sauveront-ils certains d’entre nous heureux de trouver leur refuge.
Et pensons aux emplois créés, à l’aventure technologique qui se déroulera sous nos yeux.

Alors, je le répète : soutenons ce projet, soutenons cette aventure et restons attentifs de sorte qu’elle demeure bien Notre projet et Notre aventure collective. D’où la nécessité de nous engager.

jeudi 6 septembre 2012

L'évidence Fillon

Ne perdons pas de temps. Aussi sympathiques soient-elles, les candidatures de NKM, de Bruno Le Maire et tout récemment d’Henri Guaino à la présidence de l’UMP ont peu de chance d’accrocher la victoire. Dommage, dans un sens, si l’on songe à NKM. Imaginons un paysage politique constitué de Marine Le Pen et de Nathalie Arthaud sur les ailes, NKM et Martine Aubry au centre et Cécile Duflot en voltigeuse. La ligne française aurait de l’allure. Aux hommes, enfin, le droit de réclamer à grands cris la parité. Mais ne rêvons pas. Dans l’affaire qui nous préoccupe, c’est entre mâles que cela se jouera.

En fait de mâles, ils sont deux. Une fois encore, soyons efficaces. Que l’on puisse hésiter apparaît étonnant. D’un côté François Fillon, premier-ministre durant cinq ans, leader incontesté des sondages, homme discret mais jamais transparent, qui a maintes fois fait la preuve de sa lucidité et de son courage alors qu’il était en exercice. De l’autre, Jean-François Copé, maire de Meaux et secrétaire général sortant de l’UMP, amateur de lumière et de déclarations fracassantes. Pardon, mais du seul point de vue factuel, la comparaison s’avère cruelle.
 

mardi 3 juillet 2012

L’espoir fait vivre

Il faut l’entendre pour le croire. Il y a quelques jours à la radio, un éminent journaliste résumait ainsi le conflit idéologico-économique dominant en Europe : « La France veut de la croissance, face à une Allemagne qui ne prône que l’austérité ». Je me pince. Cet argument électoral minable serait devenu vérité officielle ? Si les Français en sont arrivés à croire une telle stupidité, nous sommes perdus.
Heureusement, certains éditorialistes sonnent la fin de la récré. A commencer par Franz-Olivier Giesbert qui ne mâche pas ses mots sur le sujet : « C’est une sorte de conte pour enfants sous-doués, une fable débile… ». On ne saurait être plus clair.

Parce que quoi ? L’Allemagne ne s’intéresserait pas à la croissance ? L’Allemagne qui la première, sous un gouvernement socialiste (celui de Schröder), a consenti des réformes cruelles destinées à restaurer la croissance, justement, ne voudrait aujourd’hui que l’austérité ? Quelle blague ! Le drame est que le croire nous fera tourner le dos aux bonnes décisions.
Car disons-le une fois pour toute : l’Allemagne comme la France, autant que la France, veut de la croissance pour l’Europe. La différence entre les deux pays réside dans leur perception des moyens pour y parvenir.

vendredi 8 juin 2012

La France rate le coche

S’il restait un doute, il vient de s’envoler. Le changement, ce n’est vraiment pas pour maintenant.

Bernard Cazeneuve, ministre des Affaires européennes, a repoussé la main tendue par l’Allemagne en faveur d’une union politique et budgétaire.

Pourtant, la chancelière allemande avait ouvert le 7 juin des perspectives exceptionnelles :
«Nous avons besoin de plus d'Europe. Nous n'avons pas seulement besoin d'une union monétaire, mais il nous faut aussi une union budgétaire, fondée sur une politique budgétaire plus harmonisée. Et nous avons avant tout besoin d'une union politique. Nous devons, pas à pas, abandonner des compétences à l'Europe.»

Et le Figaro d’ajouter dans son édition du 8 juin : Angela Merkel défend aussi la création d'un poste de ministre européen des Finances, avec des pouvoirs sur les budgets nationaux. Elle veut renforcer les pouvoirs du Parlement et de la Commission européenne en les rapprochant des citoyens moyennant plus de représentativité démocratique. Ainsi, le président de la Commission européenne pourrait être élu au suffrage universel. Elle veut que l'Europe puisse peser sur la politique mondiale, avec une défense commune capable de se mobiliser pour défaire un régime despotique.
La démarche de Merkel se fonde sur une ambition pour une Europe gagnante capable d'exister face aux États-Unis, à la Chine et aux puissances émergentes. Elle réclame du courage pour adapter nos sociétés au monde nouveau et enrayer le déclin. Inspirée du fédéralisme allemand, sa vision esquisse ce que pourraient être les États-Unis d'Europe…

Et nous de répondre non !

Mais que faut-il faire pour que nous comprenions l’urgence ? Que faut-il faire pour avancer vraiment, pour avancer enfin ?

mardi 1 mai 2012

La droite en marche, pour sauver l’essentiel

« La gauche et la droite, c’est pareil », entend-on au coin des rues. Ce genre d’affirmation n’est pas totalement infondé. Si l’on se place dans une perspective historique, les différences sont ténues. Un militant de la droite républicaine d’aujourd’hui aurait probablement été considéré comme un dangereux gauchiste, il y a cent ans. 

Pourtant, le clivage droite/gauche existe toujours. Mais il s’affranchit des références antérieures. Pourquoi ?

La France ne fait déjà plus partie des puissances dominantes, même si sa capacité militaire et quelques champions industriels lui font croire le contraire. Elle est partie prenante d’un bloc politiquement et démographiquement faible, l’Union européenne, confrontée à la montée de blocs dynamiques, la Chine, l’Inde et le Brésil pour ne citer qu’eux. Les économistes sont clairs : le mouvement est tel que les jeux pour le leadership sont déjà faits. En revanche, il reste une partie à jouer : la préservation de notre système de protection sociale, de notre Etat de droit, et pour aller plus loin, de notre démocratie. La France telle que nous la connaissons est en danger, tant que n’existera pas un cadre législatif international garantissant les mêmes règles pour tous les peuples. D'ici-là, nous ne pourrons pas tout sauver, mais l’important est l’essentiel. Et c’est là que la droite et la gauche s’opposent.